Les chemins de l’individuation

Je vous présente Dominique, un nouvel auteur au sein du Blog Néo-humain. Ses intérêts pour la philosophie et la quête de spiritualité m’ont poussé à lui proposer de partager ses visions sur notre monde en devenir et la transmutation des nouveaux humains dans l’ère spirituelle qui s’organise. Dominique ou « Do », nous propose la lecture d’un premier texte qu’il a écrit suite à un entretien très marquant que nous avons eu le 23 janvier 2016 au sujet de la quête de sens. Je pense que le sujet de l’individuation est essentiel dans notre chemin de vie et qu’il est temps de démontrer aux humains que chaque personne est différente et que c’est ça la force de l’humanité. La voie spirituelle c’est de comprendre que chaque expérience forme le tout. Christophe

Vous pouvez trouver les poèmes de Dominique ici: itinéraire d’un piéton lyrique

Les visions de Do

Les chemins de l’individuation

A Christophe Barrrachin…

On commence peut-être par pressentir une faille quelque part dans le grand jeu. On ne se sent pas forcément à sa place là où l’on est. Le doute est plus ou moins fort selon les gens et les circonstances, mais il est toujours là , quelque part, pour nous demander des comptes. Au fil du temps, certaines questions deviennent un peu plus lancinantes que d’autres. On sent bien que la vie cherche à nous mener quelque part, mais où au juste ? Les expériences nous individualisent, elles marquent des étapes sur le chemin de la vie. Elles nous contraignent à prendre la mesure de notre responsabilité dans le vaste jeu de rôle où nous nous débattons encore. Le je prends plus de consistance quand il réalise sa nature d’être-au-monde. Jusqu’ici, nous faisions globalement confiance aux êtres et aux choses, mais la réalité du monde gagne en profondeur à mesure que nous vieillissons. Plus nous avançons et plus le monde nous semble devenir complexe. Le labyrinthe est là, il est à la fois en nous-même et hors de nous même. Il est le miroir de l’étrangeté radicale qui vit en nous dans un demi-sommeil permanent. L’expérience humaine ne tardera pas à nous apparaître sous le jour d’une aventure, l’aventure la plus quotidienne qui soit, mais la plus passionante aussi ! Nous sommes conscients que certains actes nous grandissent et que d’autres nous font régresser. Toute notre évolution est conditionnée par l’usage que nous faisons de notre liberté. Nous pressentons parfois une morale profonde derrière les choses, une morale inhérente à notre conduite. Nous sommes des êtres en constante évolution sur une échelle dont les degrés semblent se succéder à l’infini. Nous apprenons progressivement à développer notre intuition, sans vraiment nous en rendre compte d’ailleurs. Nous ressentons de plus en plus le besoin d’évoluer sur une base plus large que celle que nous offre la vie quotidienne. Nous avons besoin de valeurs, même si nous pressentons que la nature du monde n’est régit par aucune règle stricte. Parfois, nous interrogeons l’histoire : à quoi mène cette évolution qui s’étale sur des millénaires ? Sommes-nous aujourd’hui plus heureux que l’étaient nos ancêtres ? Notre besoin de sécurité et de confort ne nous aveugle-t-il pas sur  la nature réelle des choses ? Plus les sociétés « évoluées » se barricadent et se « sécurisent », plus elles paraissent tiraillées de l’intérieur et sujettes à la peur. Plus la peur nous gouverne, plus les monstres se succédent au pouvoir, abusant de leur situation. Nous sommes prisonniers d’un cercle vicieux et cette ironie nous dévisage. Que se passerait-il si nous acceptions la profonde instabilité des choses ? Il est probable que l’homme se soit peu-à-peu éloigné de son essence. Il ne s’est libéré du joug des religions que pour entrer dans une dépendance plus forte à l’égars des systèmes qui ont suivi et qui fonctionnent eux aussi sur un fond de croyance. Croire que le bonheur s’achète est une croyance très répandue de nos jours, en effet. La question de la liberté ne tarde pas à faire surface… Sommes-nous des êtres véritablement libres de nos choix ou des automates qui répondent aux injonctions silencieuses de la société dans laquelle nous vivons ? Certains êtres sous pression lâchent la proie pour l’ombre, l’obéïssance s’avère plus forte en eux que la volonté de s’individualiser. D’autres persévèrent et affrontent leur solitude vaille que vaille. Une multitude de démons les attendent. Le doute est toujours présent, sous une forme ou sous une autre, et le risque est partout. Parfois, la peur reprend le dessus, elle nous replonge dans l’erreur, puis elle s’éloigne à nouveau. De jour en jour, notre sensibilité se développe et nous amène heureuseemnt de meilleurs énergies. La pression normative se relâche lorsque vous rencontrez des gens qui vous ressemblent. La solitude devient moins pesante. Votre réseau d’amis se développe, des rencontres se font, le hasard semble enfin tourner en votre faveur. Il faut du temps, et du courage aussi, pour se libérer du regard des autres… A chaque étape de notre développement, la peur lâche un peu de sa pression, et nous découvrons notre liberté sous un jour à chaque fois différent. Il devient possible alors d’être créatif, et de jouer dans la mesure du possible… La vie n’est pas aussi sérieuse qu’il n’y paraît, elle s’apparente plus à un jeu de construction qu’à une chaîne de fabrication. C’est dans la créativité qu’un être peut prendre toute la mesure de sa liberté. La vie est une énergie, mettre en jeu cette énergie sur le terrain de l’expérience quotidienne est le plus sûr moyen de ne jamais s’ennuyer. Une joie aussi lumineuse qu’irrationelle sanctionne chacune de nos étapes. Elle est un indice dans l’approche du centre. Elle est parfois si grande que l’esprit ne semble qu’une petite localité provinciale à côté d’elle. En réalité, elle a toujours été présente en nous, c’est nous qui, sans le savoir, lui faisons défaut. Nous sommes si sujets à la distraction que la chose reste souvent totalement inaperçue. Vie, joie et lumière ne sont en réalité qu’une seule et même source, et chaque être individué en est l’émanation provisoire. Plus nous sommes présents à nous-même et au monde, plus la joie se fortifie et devient sensible, éclairant jusqu’aux profondeurs insoupçonnées de nos abysses… Une vie ne suffira pas à éclairer le mystère qui est devant en nous, tout ce que nous pouvons faire, c’est ouvrir notre porte afin d’entrer en sympathie avec lui. Nous ne résoudrons pas l’énigme de l’existence, mais nous pouvons à chaque instant nous aventurer un peu plus loin dans le mystère…

Samedi 23 Janvier 2016

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